L’abbé Léo Cloutier : un cinéphile qui fait sa marque

 Par Ginette Gagnon

 L’abbé Léo Cloutier, cinéphile averti depuis plus de 30 ans, aura profondément marqué le mouvement cinématographique de Trois-Rivières tant en l’enseignant au cégep, en veillant à l’organisation du célèbre Ciné campus, en assistant d’importants jurys lors de festivals de films en Europe, et bientôt en s’attaquant à une imposante recherche sur la petite histoire du cinéma à Trois-Rivières.

 L’abbé Cloutier prendra dans quelques mois sa retraite d’enseignant ayant atteint l’âge de 65 ans. Toutefois, si retraite il y a, elle sera active puisqu’il va entreprendre toute une recherche sur l’historique du cinéma à Trois-Rivières et continuer à voyager de par le monde afin d’aller s’enquérir ailleurs de ce qui se fait en cinéma.

 L’abbé Cloutier est originaire de Saint-Narcisse, d’une famille qui était bien connue au village puisque le grand-père Désiré Cloutier et son fils J.-Alfred tenaient le magasin général de l’endroit, en plein centre de la petite communauté, en face de l’église. Le père de l’abbé Cloutier était actif au sein de la localité, et occupait également les charges de secrétaire trésorier en plus d’avoir veillé à l’implantation de la Caisse populaire à Saint-Narcisse.

 En 1922, le malheur frappe la famille de J.-Alfred Cloutier. D’abord un incendie qui s’était déclaré chez les voisins emporte le magasin général de la famille Cloutier. Dans cette même année, Mme Cloutier, une jeune mère au début de la trentaine, meurt prématurément laissant dans le deuil quatre jeunes enfants et un mari.

À l’époque, le chanoine Panneton, curé de Saint-Narcisse, conseille à la famille d’envoyer le jeune Léo à l’orphelinat Saint-Dominique sous la gouverne des religieuses Dominicaines de Trois-Rivières.

 Le garçon a sept ans. Il demeurera chez les Dominicaines durant six ans.

Le temps de réaliser qu’il aime la vie religieuse et que c’est là sa vocation. Le jeune Léo Cloutier rejoint donc les pères Franciscains, d’abord à Sorel au collège missionnaire de l’endroit, puis au collège Séraphique de Trois-Rivières, et, enfin, au Séminaire de la cité de Laviolette où il terminera ses études classiques.

 En 1941, l’abbé Cloutier est ordonné prêtre par Mgr Comtois. On l’envoie d’abord en mission à la paroisse Saint-Paul de Grand-Mère. Il y restera deux mois à peine. On le rappelle à Trois-Rivières où l’on a besoin de lui comme professeur au Séminaire. C’est une longue carrière d’enseignant qui débute alors. La géographie, l’histoire, le français puis le cinéma au Cégep.

 L’abbé Cloutier aime le cinéma et s’y impose. Au fil des ans, le diocèse de Trois-Rivières lui confie la responsabilité du Centre diocésain de cinéma. Il commence alors à être amené à participer à des festivals internationaux. On l’invite même sur le banc du jury. Ses incursions cinématographiques sur la scène mondiale sont nombreuses : Vienne, Berlin, Moscou, Cannes ou l’Espagne. Dans quelques semaines il participera de nouveau au célèbre Festival de Cannes sur la Côte d’Azur, haut lieu des manifestations cinématographiques annuelles.

 Entre-temps, l’abbé Cloutier trouve le temps de veiller au Ciné campus et de travailler à la cinémathèque du Cégep de Trois-Rivières.

L’abbé Cloutier a trois sœurs qui vivent toujours à Trois-Rivières : Marthe-Irène, Étiennette et Gilberte.

*   Ne pas oublier que cet article est parue dans le journal Le Nouvelliste en date du 29  mars 1980

DE ZACHARIE À LÉO CLOUTIER  

I        Zacharie Cloutier fils de Denis et de Renée Brière, de Saint-Jean-de-Mortagne, Perche (Orne), marié à Saint-Jean-de-Mortagne, le       13 juillet 1616, à Xainte Dupont, veuve de Michel Lermusier.

 II       Charles Cloutier marié à Québec, le 20 avril 1659, à Louise Morin, fille de Noël et d’Hélène Desportes.

 III     Zacharie Cloutier marié à Château-Richer, le 23 mai 1708, à Jeanne Bacon, fille d’Eustache et de Louise  Guimont.

 IV     Zacharie Cloutier marié à Château-Richer, le 13 novembre 1737, à Agnès Bélanger, fille d’Alexis et de Marie LeSot.  

VI     Louis Cloutier marié à Sainte-Geneviève-de-Batiscan, le 23 janvier 1809 à Judith Frigon, fille d’Augustin et de Marie Lefebvre.  

VII    Urbain Cloutier marié à Saint-Prosper, le 3 mars 1851, à Henriette Cossette, fille de David et de Catherine Lefebvre.

 VIII  Désiré Cloutier            marié à Saint-Narcisse, le 12 septembre 1882, à Léonie Hamelin, fille de Dieudonné et de Lucie Mongrain.

 IX     Joseph-Alfred Cloutier marié à Saint-Narcisse, le 22 octobre 1912, à Marie-Louise Brouillette, fille de Télesphore et de Georgina  Trépanier.

 X       Enfants : Léo (prêtre), Étiennette, Gilberte et Marthe.

 

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